La NR du 31/08/09
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Micro-algues et macro-problèmes
L’arrachage manuel de la jussie est un travail physique et minutieux. Le moindre bout de plante oublié peut rapidement se développer et s’étendre à nouveau.
Eau brunâtre, disparition des lentilles, persistance de la jussie...
Depuis quelques mois, l'état de la Sèvre niortaise suscite des inquiétudes.
Depuis le début de l'été, les habitants des villages des Bourdettes et de Bazoin s'inquiétaient de la coloration de la Sèvre niortaise, qui a pris la forme de panaches brunâtres, couleur rouille à plusieurs endroits. Rapidement, l'Institution interdépartementale du bassin de la Sèvre niortaise (IIBSN) s'est emparée du dossier et a demandé une série d'analyses. « Les gens étaient très inquiets, ils pointaient du doigt la pollution, explique Gilles Chourré, chargé de mission pour l'IIBSN. En fait, il s'agit d'une algue microscopique non toxique, non dangereuse, de la famille des dinophycées, qui s'est trouvée dans une situation propice à son développement (ensoleillement, niveau d'eau élevé…) cette année grâce notamment à la faible quantité de lentilles. »
Les lentilles, ce sont ces petits végétaux flottants de couleur verdâtre. Elles se forment au printemps dans les canaux et les fossés des réseaux secondaires et peuvent se déplacer au gré des vents et des courants en été jusque dans le réseau principal. Lorsque leur concentration est trop forte, elles mettent en danger la biodiversité (plus de lumière, donc pas de photosynthèse possible, pas d'oxygène) et l'activité humaine (pêche, déplacement en barque). Dans ce cas précis, l'IIBSN se charge de les récolter. Oui mais voilà, depuis 2007, la quantité de lentilles a complètement chuté. « Là encore, les gens ont eu peur, mais s'il n'y a plus de lentilles, c'est simplement que les deux derniers étés ont été très pluvieux, ce qui ne permet pas son développement. Mais le stock est en train de se reconstituer » explique Nicolas Pipet, spécialiste des plantes aquatiques pour l'IIBSN.
La jussie, poison de la Sèvre niortaise
Mais tout ceci n'est rien à côté des moyens mis en place depuis une quinzaine d'années afin de lutter contre la jussie. Cette plante exotique originaire d'Amérique du Sud a été introduite vers 1991 dans la Sèvre niortaise. Très rapidement, son extension spectaculaire (d'une tonne de jussie à treize tonnes en quatre mois !) a complétement étouffé le fleuve (plus d'activités de loisirs possibles, impossibilité pour d'autres végétaux de se développer, mise en péril des poissons…). Face à cet envahissement, l'IIBSN, avec le soutien financier des trois départements concernés (Deux-Sèvres, Charente-Maritime, Vendée) a lancé un plan de gestion en 1999 qui comprenait des séances d'arrachage à la fois mécanique et manuel deux fois par an. Les tonnes de jussie ramassées étaient ensuite utilisées comme engrais vert pour les agriculteurs de la région. « Encore aujourd'hui, on emploie tous les ans douze personnes en CDD pendant 6 mois pour contrôler la prolifération de la jussie, plus Nicolas Pipet qui s'occupe de la logistique » confit Marie Trocmé, directrice de l'IIBSN. L'entretien de la Sèvre niortaise n'est pas un travail de tout repos.
Stagiaire NR Pierrick Behar
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